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encounter_pt.jpg Sortie de l'album "Encounter"

Jazz Magazine (Album : Disque d’émoi)
Frédéric Goaty - Octobre 2005

D’emblée, je vois quatre chiffres s’afficher : 47’31’’. C est la durée de ce CD, le quatrième d’un guitariste que l’on suit de prés depuis des lustres-la fin des années 80 précisément, quand il avait rejoué devant nous – le solo que déroule Pat Metheny dans Nothing Personal (extrait du premier album éponyme de Michael Brecker). Moins de cinquante minutes, donc, c’est parfait, même quand on a beaucoup de choses à dire et de musique à partager comme M.F-M, un garçon qui a grandi entouré de 33t triés sur le volet (ceux de son père), qui connaît l’histoire du jazz, l’humanité de ses acteurs, la valeur de ses héros. Un garçon qui ne transige pas sur ses passions, qui sait ce qu’il veut et ceux qu’il aime – lisez son blindtest en p.4. Depuis ses débuts phonographiques, il y a sept ans, on a souvent associé son double nom à une triplette à deux Pat (Metheny et Martino) et un Jim (Hall). C’est vrai, leurs influences combinées transpirent dans ses soli qui ne cessent, patine du temps aidant, de gagner en musicalité et en profondeur de chant-on aurait bien envie d’écrire un truc bête du genre "dans dix ans Misja sera l’un des meilleurs guitaristes du monde", mais on n’a pas la place. Misja l’intransigeant a fini par se construire un petit monde à lui, en marge des "sunlights", sans frime ni poses. Car si ses doigts évoquent subtilement l’art de ses héros, son âme baigne, entre autres, dans les musiques d’Ornette Coleman et de Wayne Shorter. Encounter est un disque de jazz savant et accessible, conçu à New York (la ville où il a étudié) par un artisan, que dis-je, un orfèvre de la guitare moderne qui n’a jamais cédé au parfum du mois : un intransigeant vous dit-on, un obsessionnel même, comme on les aime, farouchement fidèle à ses passions, qui saura aussi bien vous donner le tournis (Countdown de John Coltrane joué solo, presque effrayant de virtuosité) que vous faire rêver d’un autre monde, forcément plus juste , forcément meilleur (Another World), tout en dentelle électrique, digne du Jim de la triplette susnommée. On est ému parce que l’histoire ne fait que commencer, et qu’on n’a pas fini d’aimer la musique d’M.F-M. Bienvenu dans la cour des grands. On attend la suite.

Le Nouvel Observateur
Bernard Loupias - Septembre 2005

Ne pas se presser, écouter (tout : jazz, classique, rock, folk, blues…), travailler et travailler encore (Bach, Debussy, Django), apprendre humblement auprès des maîtres (avec Jim Hall à New York et Pat Martino à Philadelphie), jammer avec Steve Coleman ou ravi Coltrane, gagner l’amitié et l’estime de Pat Metheny : Misja FitzGerald Michel, un des plus brillants guitaristes français actuels, n’a jamais voulu aller plus vite que la musique, ce qui fera sourire ceux qui ont déjà entendu ce phénoménal virtuose. Au fil des années, prenant conscience que cette agilité digitale pouvait constituer paradoxalement sa faiblesse, Misja a fait sienne la devise "less is more". Epurant, concentrant son discours, il dessine aujourd’hui un univers remarquablement personnel et cohérent. Après trois albums autoproduits, voici son premier CD "officiel", résultat d’une rencontre (l’album s’appelle Encounter) avec le bien nommé label No Format ! (Universal) . En solo, en trio, en quartet, soutenu à la perfection par Drew Gress à la contrebasse et Jochen Rueckert à la batterie, il invite son ami Ravi Coltrane(qui sera au New Morning) sur deux titres, passe de foudroyantes versions solo du Lonely Woman d’Ornette Coleman joué à la douze cordes(un clin d’œil à John Fahey ?) et du diabolique Countdown de John Coltrane à la guitare acoustique à l’exploration de superbes compositions personnelles, encadrées encore par "Chopin" d’Ornette et "Central Park West" de Trane .On a les maîtres qu’on mérite.
Jazzman (Album : 4 étoiles)
Guillaume Bregeras - Septembre 2005

Dès la première note, une ambiance de club bondé et survolté suite de partout. Chaude et moite, la reprise de Chopin d’Ornette Coleman confirme, si cela était nécessaire, le foisonnement d’idées du leader guitariste et de ses accompagnateurs. En quartette pour cette ouverture, Misja FitzGerald Michel s’essaie ensuite à d’autres formulations, plus ou moins ouverte, en trio "version Jim Hall" pour Boundless et en solo acoustique pour une nouvelle splendide interprétation de Countdown. Au long de son quatrième album, il glisse sur cette trajectoire balisée et judicieusement agencée tout en démontrant une nouvelle fois l’étendue de son talent. Toujours pas suffisamment reconnu, hormis par une poignée de programmateurs et de noctambules, il n’a pourtant rien à envier à ses collègues guitaristes d’ici et d’ailleurs. Dans son respect des codes, il ne faut rien voir d’autres qu’une farouche volonté d’ouverture d’esprit et la revendication d’une liberté légitimement méritée ; dans sa nonchalance, une exigence et une concentration totalement dévouée à sa passion. Et qu’il se frotte à Shorter, Coltrane ou Ornette Coleman le chat Misja retombe toujours sur ses pattes. Son goût prononcé pour le lyrisme et le déroulage de pelote harmonique le mène souvent sur des itinéraires – Limbo et Lonely woman – que seuls les jazzmen les plus aguerris peuvent se permettre d’emprunter sans lasser ceux qui les écoutent.

L’Express
Paola Génone - Novembre 2005

Hommage à la guitare, au son de ses cordes et ses résonances, l’album Encounter révèle un musicien français aux talents multiples. Misja Fitzgerald Michel est un virtuose éclectique qui transpose les manifestes musicaux des saxophonistes John Coltrane, Ornette Coleman et Wayne Shorter sur sa guitare électrique. Il est aussi l’auteur éclairé de compositions qui évoquent le contrepoint de Bach et qu’il joue en solo sur sa guitare acoustique. Enfin, il est le leader d’un trio habité par un fluide musical qui unit les musiciens. Un dialogue plus prenant encore lorsque s’y ajoute le saxophone ténor de Ravi Coltrane, invité dans deux morceaux d’Encounter. Dans une humeur parkerienne, Coltrane parvient à unir vitesse et lyrisme, urgence et mélancolie.
Virgin Magazine
Bernard Prolot - Septembre 2005

Agréablement stupéfait, pas d’autre formule pour qualifier le public de la Cigale ,que le jeune guitariste français Misja FitzGerald Michel a captivé au début de l’été, en première partie du big band de Dave Holland. Saluons l’arrivée du parisien,né en 1973, dans la cour des grands ! Son quatrième disque, Encounter, confirme l’excellente impression. Il retrouve deux pointures pour l’enregistrement. Le contrebassiste Drew Gress consolide et stabilise l’inspiration débordante du leader .Sur Central Park West composé par John Coltrane,une ballade à la mélodie enivrante, l’Américain contribue à orienter l’improvisateur vers un choix heureux de notes .Et quel bonheur,les deux dialogues avec ravi Coltrane,le fils de John ! Sur Chopin d’Ornette Coleman : bel unisson saxophone /guitare, assise rythmique impeccable, swing permanent .Sur The Gathering, groove enlevé, complicité rythmique de rêve. Limbo de Wayne Shorter offre enfin une interaction richissime avec le batteur Jochen Rueckert. Vivement le prochain concert...